Civil War

Thursday, September 8, 2011

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La gueule de bois s’apparente aux guerres civiles. Le mal n’est dû qu’à vous-même. L’œuf est pourri. Que faire ? Écouter les Guns et continuer à vivre tant bien que mal. Ou shooter la colombe, remettre ça.

Par Foucauld

(Photo : Max Snow)

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La fausse alerte permanente…

Wednesday, September 7, 2011

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« Il n'y a qu'une chose dans les arts qu'on puisse comparer aux produits culinaires : ce sont les produits du journalisme ; et encore un ragoût peut se réchauffer, une terrine de foie gras peut exister un mois entier, un jambon peut revoir autour de lui ses admirateurs, mais un article de journal n'a pas de lendemain ; on n'en est pas à la fin qu'on a oublié le commencement, et, quand on l'a parcouru, on le jette sur son bureau, comme on jette sa serviette sur la table quand on a dîné. Ainsi, je ne comprends pas comment l'homme qui a une valeur littéraire consent à perdre son talent dans les obscurs travaux du journalisme ; comment lui, qui peut écrire sur du parchemin, se résout à griffonner sur le papier brouillard d'un journal ; certes, ce ne doit pas être pour lui un petit crève-cœur quand il voit les feuillets où il a mis sa pensée tomber sans bruit avec ces mille feuilles que l'arbre immense de la presse secoue chaque jour de ses branches.»

Claude Tillier, Mon oncle Benjamin, (et un titre de Nietzsche)

Par Foucauld

(Photo : Mary Ellen Mark)

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Canada espagnol

Tuesday, September 6, 2011

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Canada vit à Barcelone et le trio fait mouche à chaque projet. Bombay de El Guincho, Ice Cream de Battles, Invisible Light de Scissor Sisters, sous ces vidéos revient en petit le même blaze de ceux qui réalisent les vidéos de la génération Tumblr : une image boom, une image boom, une image boom.

Par Arnaud

 

Battles – Ice Cream (Featuring Matias Aguayo) – taken from forthcoming album 'Gloss Drop' from Warp Records on Vimeo.

EL GUINCHO | Bombay from MGdM | Marc Gómez del Moral on Vimeo.

Scissor Sisters – Invisible Light from CANADA on Vimeo.

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Plein d’élévation…

Saturday, September 3, 2011

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« Toutefois mon oncle Benjamin n’était pas ce que vous appelez trivialement un ivrogne, gardez-vous de le croire. C’était un épicurien qui poussait la philosophie jusqu’à l’ivresse, et voilà tout. Il avait un estomac plein d’élévation et de noblesse. Il aimait le vin, non pour lui-même, mais pour cette folie de quelques heures qu’il procure, folie qui déraisonne chez l’homme d’esprit d’une manière si naïve, si piquante, si originale, qu’on voudrait toujours raisonner ainsi. (…) Mon oncle Benjamin avait des principes : il prétendait qu’un homme à jeun était un homme encore endormi ; que l’ivresse eût été un des plus grands bienfaits du Créateur, si elle n’eût fait mal à la tête, et que la seule chose qui donnât à l’homme de la supériorité sur la brute, c’était la faculté de s’enivrer. »

Claude Tillier : Mon Oncle Benjamin, (livre favori de Georges Brassens, ndlr)

Par Foucauld

(Photo : Laetitia Casta par André Carrara)

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Super Kamiokande

Thursday, September 1, 2011

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Le Super Kamiokande est un cylindre de 40 x 40 mètres, rempli de 50.000 tonnes d'eau pure, ceinturé de grosse boules de verres, creusé au fond d'une montage japonaise Un observatoire de neutrinos, ou la plus belle piscine du monde.

Par Arnaud

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Carnet de bal

Tuesday, August 30, 2011

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« Je vois New York comme une page blanche avec des lignes où chacun peut inscrire son expérience. C’est une ville qui vous rend très conscient d’y vivre. Même les numéros se chargent de mémoire. » dit Michel Gondry à Marc Lambron dans son Carnet de bal (3). Puis il ajoute, à propos du Lit, le bar favori de votre serviteur il fut un temps : « C’est le vernis du temps qui donne un supplément de valeur aux choses. On ne sait que rétrospectivement quelle partie du passé va devenir légende. ». J'avais le coeur qui battait, ce matin, en découvrant ça…

Par Foucauld

(Photo : Ellen Von Unwerth pour Common Sense)

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Nos travestis contemporains…

Monday, August 29, 2011

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Punta della Dogana, je contemple la vue à côté de « Pothead » de Paul McCarthy. Derrière la vitre, je me sens aussi con que cette tête de bite. Je suis las des critiques du monde par le biais de l’art contemporain. Un monde qui « continue, sans gêne, sans embarras, dans un univers un peu plus brutal, un peu plus condamné où la moyenne des vertus et des vices doit être restée à peu près constante. »
Près de l’Accademia, un graffiti-verrue : « New Times. New Blood. » Comme Morand, toujours, j’en viens presque à regretter un monde où « chacun portait encore l’habit de sa profession : les pédérastes restaient exclusivement pour hommes, sans faire des extras du côté des dames âgées ; les Blancs étaient moins noirs que les Noirs, les vieilles rôtisseuses de balai, célèbres pour leurs faiblesses, ne publiaient pas des mémoires édifiants, les prêtres ne ressemblaient pas à des pasteurs protestants, les étudiants en sociologie ne se déguisaient pas en bergers kurdes, et les bergers kurdes en parachutistes. » « Jamais l’expression actuelle « être mal dans peau » ne se traduit mieux que par nos travestis contemporains. » dit le génial écrivain.
Alors je retourne à l’immuable, dans les ruelles bordées de murs d’aquarelle. Aux fenêtres, des dessous fleuris et des chemises d’uniforme, cinq, comme les jours travaillés de la semaine. Une mère engueule son rejeton : « viens voir, c’est plus intéressant que d’faire de bêtises ! » Un autre graffiti : « Books and Boobs ». Je souris face à cette encre Posca. Notre monde est tout de même amusant…

Par Foucauld

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Première leçon de planète…

Friday, August 26, 2011

JillKennington

« Je reste insensible au ridicule d’écrire sur Venise (…) » C’est presque par ces mots que Paul Morand débute son livre. Je ne peux que les lui emprunter.

À peine le premier pont franchi, deux femmes, ces tirades :

- Où est-ce qu’on a d’ja vu ça ?
- Florence ?
- Ouai, mais même, dans un autre pays ?

Pour ma part, je n’avais jamais vu ça. Nulle part. De Venise, je m’attendais au carton-pâte, et j’ai été conquis.
Place Zanipolo, je n’écris pas sur ce qui m’entoure, les touristes qui passent mais que je ne vois même pas. Dire que j’ignorais que cette ville n’avait jamais été envahie pas les autos…
Les Toscani « ont cet avantage de faire le vide autour de moi, j’en apprécie le tabac, et la prévenance » aurait pu chanter Gainsbourg. Toscano, cigare racine, comme un gamin fume des lianes. Je ne vois plus que ce que je désire voir. La Valpolicella est là pour convertir les plus récalcitrants. Les obsédés de la santé n’ont qu’à se contenter de l’eau des canaux.
Au Palazzo Grassi, un petit français visite l’exposition derrière un masque de carnaval ; il se fait gronder par la gardienne et doit l’ôter. Paul Morand poursuit : « A Venise, ma minime personne a pris sa première leçon de planète, au sortir de classes où elle n’avait rien appris. L’école ne me fut qu’un long ennui, aggravé de blâmes, mérités ; (…) »

Par Foucauld

(Photo : Jill Kennington par Patrick Lichfield)

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Venise au pluriel…

Thursday, August 25, 2011

PhilStern

Puisqu’il faut faire vivre les libraires, je suis les conseils de la réclame et m’arrête chez Itinéraires, du côté Halles de la rue Saint Honoré. Venise doit arriver. J’ai déjà dit mon rapport au voyage, cette race à laquelle j’appartiens, qui prend les trains en marche, patati et patata… De guide à ouvrir, il ne sera pas question de Routard. Je connaîtrai des Venises plurielles, comme Paul Morand. Après avoir acquis cet ouvrage, j’entreprends un Paris presque touristique, comme pour m’en emplir, avec la ferveur des derniers jours, des dernières emplettes avant départ.
Des touristes sont en tenue de sport. Marche-t-on réellement davantage à l’étranger que dans sa propre ville ?
Je continue jusque la Madeleine et Ladurée. « Des gens qui font la queue, tout ça pour des macarongs… mais le magasin il est beau ! » dit un monsieur au téléphone et en short, ou en short au téléphone ? Demi-tour. Penhaligon’s, une vendeuse me tatoue les poignets de patchouli.
Devant la librairie Delamain, je ne peux résister aux bacs. Mes doigts font défiler les ouvrages d’occasion. Pourtant, j’y ai déjà fait le plein hier midi. Ce sera Colette, « Prison et Paradis ». Ne l’avais-je déjà en Pléiades ? Qu’importe, je glisse deux euros dans la caisse ; les gens jettent des pièces dans les fontaines en espérant que leurs vœux soient exaucés, je peux bien me jeter dans les hasards de la littérature, qui plus est féminine ! Nous sommes d’ailleurs Place Colette, le Némours me tend les bras. Un Deliciosos de Davidoff, acquit à la Civette, n’attend que d’être circoncis et fumé ! La lumière a déjà des clartés d’automne : c’est qu’il est vraiment temps de quitter ce Paris à l’été avorté !

Par Foucauld

(Photo : Anita Ekberg par Phil Stern, via)

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Roger Ballen & Tokoloshe

Tuesday, August 23, 2011

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Cloué à Paris, je vis le soleil par procuration, via l’Afrique du Sud. Mais un soleil noir comme disait l’autre, un truc sombre et collant, une plongée dans les livres de Roger Ballen et une balade avec Die Antwoord, à la recherche du Tokoloshe, un nain maléfique, polymorphe mais toujours velu, qui scelle les femmes par le viol et court tout nu dans les rues.

Par Arnaud

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On pense à vélo…

Thursday, August 11, 2011

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Dans l’antichambre du cabinet où un médecin diagnostiquera ce que mon tendon rotulien manigance depuis trois semaines, je ronge mon frein en parcourant le « Petit éloge de la bicyclette » d’Eric Fottorino, ancien directeur du Monde.
Je confesse y trouver un certain réconfort à cette infirmité passagère qui m’interdit toute virée :

« Aujourd’hui encore, quand me guettent des pages d’écriture, mes ordres de grandeur sont convertis en intensité physique. Cela peut sembler incongru ou trivial de comparer le noble effort des lettres et celui du rémouleur de bitume. Pour moi ils sont égaux et, pour tout dire, la fibre cycliste, parce qu’elle m’a souvent remué la chair, m’est apparue comme une préparation sans pareille pour affronter le vertige des mots, l’épaisseur du langage au milieu duquel le chemin est étroit pour trouver le ton juste, le bon rythme, l’image, la couleur, la musique, l’émotion, la grâce. « On pense à vélo » prétendait Cioran. Je crois aussi qu’on écrit beaucoup quand on n’écrit pas. De ces longues virées à bicyclette me sont restées des phrases, et pas n’importe lesquelles : des débuts, des commencements, tous ces « il était une fois » qui rendent les histoires possibles, et belles. »

Par Foucauld

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Le vice, c’est la santé…

Wednesday, August 10, 2011

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« A force de côtoyer les illuminés du gardon, je m’y suis mis, à la « canne roubaisienne en roseau laqué noir, 72,20 F » dès que j’ai compris qu’il nous fallait à tous, pour vivre, un vice, sous peine de mort. Le vice, c’est la santé. C’est l’eau des plantes, le vin de pas mal, les femmes de beaucoup, l’éther de quelques-uns, la politique d’autres encore. Moi, c’est la pêche. Je suis gâté. »

René Fallet : Paris au mois d'août

Par Foucauld

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Champagne normand

Tuesday, August 9, 2011

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La Vespa file sur une longue plage de la côte Normande. Libérée du casque, la tête ne se soucie guère des morsures du sel sur la carrosserie. Qu’il est bon d’être déraisonnable !
Au large, les paradis fiscaux de Guernesey et Jersey ; mais est-ce que le paradis ce n’est pas de ne plus penser à mieux ? Le tableau pourrait faire penser à un remake du clip d’Angels de Robbie Williams, si je n’avais d'autres choses à faire que d’attendre un hélicoptère.
Dans les dunes, les bouteilles de Moët & Chandon libèrent leurs bulles champenoises. La tête s’incline en portant la coupe à ses lèvres, puis le regard darde l’horizon en redescendant, s’agrippe à quelques filaments d’or derrière les nuages. Pour l’heure, tout ce qui compte est de ne pas se faire baiser le coucher de soleil.

Par Foucauld

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Le Tigre à New York

Thursday, August 4, 2011

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Il n’est de plus affreuse banalité que de se plaindre de Paris en août, mais que voulez-vous, c’est aussi ordinaire que de partir en vacances à cette période de l’année.
Lorsque je me plains de Paris, je ne rêve pas de changer la ville, mais de partir à New York. Je pourrais filer ailleurs, découvrir l’Italie ou l’Asie, mais le rêve américain entre dans les limites de mon imagination : je ne désire véritablement que ce que je connais.
Mes habitudes new-yorkaises sont constituées de deux activités parallèles : diurne, avec le skateboard, nocturne, avec mes pérégrinations en compagnie d’Adrien Wend. Ce dernier vient de quitter Paris et délocalise le Tigre chez Madame Wong's. Malheureusement, je n’y serais pas samedi soir, contraint de rester dans une ville qui dort d’un sommeil de cent ans ; la belle aurait pu avoir la politesse de laisser traîner ses charmes pour occuper le quidam éveillé.

Par Foucauld

Madame Wong's

3 Howard Street
New York, NY

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Meks

Wednesday, August 3, 2011

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Des rêves ont germé dans des esprits plus ou moins fous ; certains ont été produits, à l’unité ou à la chaîne. Puis d’autres sont arrivés. Arrêter de produire n’induit pas toujours un arrêt de mort. C’est parfois ainsi que l’on mesure la véritable qualité d’une création : résistera t-elle au temps, aux modes et aux techniques ? En terrasse au croisement des rues Saint Honoré, de l’Arbre Sec et Sauval, je fume un Royal Selection n°11 de Punch dont la production a été abandonnée. Il s’agissait de mon cigare favori. L’est-il toujours après avoir été préservé des mois dans mon humidor ? Je connais un vieil homme que ses ennuis de santé ont condamné à quitter ses grosses berlines au profit de modèles plus raisonnables. En parle-t-il pour autant ? Non, s’il parle d’automobiles, c’est des Hotchkiss et des Onze Légères de sa jeunesse, pas des paquebots allemands qu’il conduisait il n’y a pas si longtemps…

Par Foucauld

(Photos : MEKS)

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