Gare de Montpellier Saint Roch, après un week-end en autarcie complète, rapide retour dans une société qui a continué à vivre, à faire la queue au kebab "only the best", à dépenser dans des tongs et des t-shirts bariolés. Sur le quai, les bidasses roulent la pelle du dimanche soir à leurs pichasses. Seront-elles sages jusqu'à vendredi prochain ?
New York sous la pluie prend immédiatement l’allure de "Irene", cette photo d’Alex Prager. Pourtant, c’est un peu de soleil californien que je venais chercher dans ce vernissage « Greater LA » d’un loft de Broadway. J’y arrivais tard, encore frigorifié par le ferry de Staten Island, ce rafiot pour fauchés. Un vilain Chardonnay ne parvenait pas à me réchauffer. Il était l'heure de fermer, je n’avais le temps que pour un tour rapide. M’en prendre plein les mirettes, vite noter ce que j’aimais et remettre à plus tard une enquête, le projet d’y retourner.
En lisant ce très vieil article du New York Times, j'ai découvert Broken Noses, un film de Bruce Weber sur le boxeur Andy Minsker et la salle où il entraine la jeunesse de Portland. Poétique, amusant, parfois émouvant, il ne me reste qu'à mettre la main sur le DVD et manger autre chose que des extraits YouTube.
Après Peter Sutherland avec Dill la semaine dernière, c'est au tour d'Alex Olson de poster une série de portraits d'une autre légende : the Gonz… Appréciez-les en cliquant sur les images, ou directement sur Olson Stuff.
Certains préfèrent les filles longilines à moitié nues, lui passe sa vie au milieu des poissons. Depuis une petite dizaine d'années, Corey Arnold s'engage sur différents navires de pêche pour raconter l'histoire de ceux qui vivent sur l'eau. Rien à voir avec un reportage Le Monde sur les pénibles conditions des marins pêcheurs, non, là on vit avec eux, et, plus important, on se marre avec eux. C'est ce mouvement constant entre le sourire et le "merde qu'est ce que je fous là" qui rend son travail fascinant. Qui, à part un Alaskien aurait l'idée de jouer à la Pinata en pleine mer de Béring ?
Sous le choc devant ces portraits de Jason Dill par Peter Sutherland postés sur Desillusion, j'ai enquêté et découvert qu'ils paraitront la semaine prochaine dans Monster Children, un magazine australien qui a l'air dingue. Je commande…
Dans les milieux créatifs et journalistiques d’où émerge l’Imparfaite, l’érotisme est monnaie courante. Des Tumblr polissons parcourus avec le premier café, aux blagues de cul transmises aux collègues par mails groupés, personne ne s’interroge sur l’interdit qui frappe ce genre de démarches dans un environnement plus conventionnel. Prenons l’exemple de La Conjuration. Lorsque je contemple le blog, je ne suis pas choqué par nos articles et n’ai pas l’impression de franchir un interdit en les accompagnant de photos de poitrines avenantes. Ce point de vue n’est pas celui de mes amis qui n’osent s’y rendre à la fac ou dans leurs cabinets d’avocat, de peur d’êtres catalogués obsédés sexuels et de compromettre leurs carrières. Que l’Imparfaite (ou La Conjuration) se parcoure dans l’intimité nous est délicieux, mais cela ne doit pas nuire à sa propagation. La revue n’est en rien vulgaire, pornographique ou potache. Elle existe pour une lecture approfondie. Les articles sont poussés et intelligents, les photos de très grande qualité et les nouvelles se lisent avec plaisir.
Pour ce troisième opus, l’Imparfaite s’est en partie affranchie de la rue Saint-Guillaume et entre dans la cour des grands. La revue érotique de Sciences Po reste concentrée sur son sujet, mais on n’y retrouve plus grand chose de l’école, si ce n’est une partie des collaborateurs. Il faut le dire : ce n’est pas un journal de lycée, dupliqué à la photocopieuse du secrétariat. C’est un bel objet, à parution semestrielle. Superbe maquette, bon papier, absence de réclame et de parasite, chaque élément est mis en valeur et mérite toute votre attention. De la simulation masculine à la dimension sexuelle chez Hitchcock, des orgasmes en RDA aux pratiques de la Fistinière, il y en a pour tous les goûts, en librairie ou en ligne, pour 13,50€. BONNE LECTURE !
La Conjuration a peu posté ces derniers jours, pour deux raisons :
1/ Le bouclage et lancement du troisième opus de l'Imparfaite, brillante revue polissonne émergée de Sciences Po, dont les numéros s'acquièrent ICI ainsi que jeudi soir LA. 2/ L'after du lancement de KR3W Footwear qui aura lieu ce vendredi 22 octobre au Tigre, en présence de messieurs Lizard King, Ali Boulala et Tom Penny, après un vernissage chez BlackRainbow.
Dans les deux cas, il s'agit de réaliser nos rêves de gosses. L'imparfaite assouvit les envies d'écrire, de photographier et d'éditer ; trois activités qui s'intègrent dans notre volonté de créer. Le Tigre nous permet de faire la fête avec trois messieurs de la plus haute importance (surtout pour moi) :
Lizard King, l'inventeur de "PASSION", le mot qui a remplacé la ponctuation de mes phrases depuis plusieurs mois.
Ali Boulala, le skateur favori de mes quinze ans, fraîchement libéré de quatre ans de geôle australienne.
Tom Penny, l'une des définitions du style pour plusieurs générations.
Pour venir en aide à une cousine exilée, je cherchais une adresse new-yorkaise sur Google Map. Atteint de procrastination, j'ai poussé l'investigation jusqu'à trainer sur Street View. Qu'on me traite de geek et/ou d'illuminé, mais je mettrais ma main à couper que c'est Lizard King qui squatte devant Autumn, casquette à l'envers et hoodie Deathwish kaki. Big Brother's watching you… On ne voit pas grand chose, mais cliquez sur le lien ou tapez l'adresse suivante et vous verrez !
Dans nos manuels d’Allemand (ou d’Anglais, ou d’Espagnol), il y avait toujours des petites bandes dessinées un peu nazes où de jeunes protagonistes présentaient les clichés de chaque côté du Rhin (ou de la Manche, ou des Pyrénées). Les Allemands avaient Nina Hagen et nous avions Brigitte Bardot. Nous ne savions pas tellement qui elle était, n’ayant jamais vu ses films ou ses photos, mais elle avait le pouvoir de faire saliver les pères de nos correspondants. Ils nous en parlaient la larme à l’œil et la bière à la main, devant un plat de charcuterie ou de tranches de fromage sans goût qui nous coupait l’appétit. En mettant fin à sa carrière, avant que ses ridules deviennent autre chose que le charme d’une certaine maturité, Brigitte Bardot est devenue un mythe capable de séduire toutes les générations. Lorsque les polissons de son époque découvraient avec joie un nouveau poster à punaiser sur les murs de leurs chambres de bonne, on imagine sans peine les rêves humides qui en découlaient. Les moins fortunés devaient faire de même avec les photos issues d’une presse people naissante et agrémenter ainsi leur casier d’usine ou le dortoir du régiment. Pour que notre génération ne soit pas en reste, la galerie James Hyman de Londres présente 75 clichés de l’icône, pris par des paparazzis de l’époque. Découvrez-les sur le site, et retrouvez la ferveur de ceux qui n’avaient le choix qu’entre le bordel de campagne ou le mariage pour apercevoir ces deux petites fossettes qui creusent le bas du dos, de chaque côté de l’échine…