“Le temps des oeufs au plat”

Wednesday, September 24, 2008

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La Conjuration est comme l’age de ses géniteurs : sa jeunesse lui interdit d’avoir trop de certitudes. Hier fut le jour de mes vingt-deux ans. Un anniversaire se vit souvent dans une débauche de sucre, de cire et de papiers à déchirer. Une période de vache maigre m’interdit ces excès. J’ai déjeuné seul et sur le tard d’une boîte de haricots verts Leader Price et d’une tranche de jambon. Rejoins en fin d’après-midi par un ami aux poches aussi percées que les miennes, je ne parvenais pas à me contenter d’une tasse de grossier thé vert en ce jour du jubilée de ma venue au monde. Les finances étant, comme il l’est susmentionné, au plus bas, nous ne pouvions remédier à notre grise mine. Un rapide état des lieux agrémenté de beaucoup de culpabilité nous fit entasser sur la table à tréteaux qui me sert de bureau nos derniers deniers. Ces piécettes cumulées parvinrent tant bien que mal à la somme de 7€. Il faut vivre dangereusement. Tant pis pour demain, je courrais sur le boulevard Voltaire en direction de la civette la plus proche, fit l’acquisition de deux Regalias d’H.Upmann, petits coronas cubains de leurs états, et revint tout aussi vite en direction de ma chambre de bonne. Les murs blancs et sans charmes de cette dernière s’égayèrent à la perspective d’être noircis par la fumée des turbines. Quelques nocturnes de Chopin et des tartelettes aux agrumes de chez Grand Jury vinrent agrémenter cet instant d’amitié. Les lendemains incertains de notre jeunesse sont appréhendés avec espoir grâce à ces (relatives) déraisons pécuniaires. Et puis comme le dit le jeune hussard bleu de Roger Nimier  « A mon âge, on déteste la perfection, car elle est le signe même de la cruauté du monde. ».

Par Foucauld

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